STAGE DE TERRAIN EN ARDECHE
22 au 25 MAI 2006
C'était le moment que toute la
promo de Géosciences attendait... La consécration de la
fin de la deuxième année... Le bonheur après de
longs mois de labeur... Voici en exclu pour vous les plus belles photos
de notre stage ardéchois de mai 2006. Mais attention...
c'était un stage purement instructif... Alors ne manquez pas
d'apprendre quelques nouvelles choses avec ce stage qui fut très enrichissant !!
Pour plus de lisibilité on a réparti les 4 jours de stage en 4 pages : lundi 22 mai - mardi 23 mai - mercredi 24 mai - jeudi 25 mai
N'hésitez pas à consulter le PDG si certains termes vous sont barbares... Vous pouvez agrandir les photos
en cliquant dessus, et avoir des infos dessus en y laissant le pointeur
quelques secondes.
Lundi 22 mai 2006
8 H : Pas facile de se lever
tôt... Mais bon, pour aller taquiner le caillou en Ardèche
pendant quatre jours, on est toujours prêts !! Toute la promo
embarquait dans trois véhicules conduits par nos professeurs MM.
Cottin, Gal & Michon. Et en route pour l'aventure... N'est-ce pas
les gars ?? Non mais franchement, la géologie, ça rend
gaga...

9 H 30 : Nous
voilà donc partis sur les routes de Haute-Loire, et notre
premier arrêt, c'est le Lac du Bouchet, situé à une
vingtaine de kilomètres au sud-ouest du Puy. Ce lac parfaitement
circulaire a rempli un cractère de maar, à savoir
formé lors d'une éruption phréatomagmatique : le
magma chaud, arrivant en surface, est entré en contact avec de
l'eau qui se vaporise brutalement, d'où une augmentation rapide
de pression engendrant une violente explosion.
Quelques chiffres : le cratère a 800 000 ans ; il est large de
800 m pour 74 m de profondeur, dont 47 m de sédiments
imperméables (argiles) et 27 m d'eau. Comme on se caillait
sévèrement, on a pas campé là.
10 H : Un peu plus loin,
à La Sauvetat, nous attendait un autre témoin très
impressionnant de l'activité phréatomagmatique qui
bouleversa ce coin de Velay durant le Quaternaire.
Ainsi, un gros cratère circulaire assez typique, d'1 km de
diamètre, entaillait le plateau, et sur ses bordures, on a pu
voir des dépôts fort intéressants.
Ces strates qui pendent vers l'extérieur du cratère
résultent de dépôts successifs
réalisés par les différentes déferlantes
basales, à savoir des souffles de gaz, d'eau, de débris
qui rayonnent autour du lieu de l'explosion phréatomagmatique.
Ces couches sont formées par différents produits
volcaniques (cendres, lapilli, scories), par des fragments
arrachés du socle (granite) et par des argiles ainsi que de la
palagonite donnant une couleur jaunâtre parfois, résultant
de l'interaction avec l'eau. Les strates sont plus ou moins
granoclassées, les plus grossières témoignant de
déferlantes à forte énergie, les plus fines de
déferlantes à basse énergie.

10 H 45 : Mr. Cottin, dans le
minicar duquel nous étions, s'arrête en double file dans
le bourg de Langogne (48), perturbant considérablement la
circulation de la RN 88, pour aller s'acheter un saucisson pour le
pique nique de midi. Dans le minicar, le moral est au beau fixe.
Luculuc et Skaro mettent l'ambiance à l'arrière...
11 H : Barrage de Naussac (48).
On y trouve un sacré bel affleurement : il s'agit du gneiss de
Fix, un gneiss oeillé tout à fait splendide,
composé de beaux yeux de feldspaths enserrés par des lits
de biotite et de quartz. Il s'agit d'un orthogneiss, et le
métamorphisme ayant conduit à sa formation est
d'âge hercynien, mais son protolithe était un granite bien
plus ancien. En effet messieurs, ces yeux de feldspaths qui vous
regardent ont près de 550 Ma. Parmi les plus vieux du Massif
Central. Respect s'il vous plait.

11 H 30 : Pause déjeuner
au bord du beau lac de Naussac ; regardez-moi ça, pour un peu on
se croirait en Bretagne. L'occasion pour nos amis de se mettre quelques
sandwichs dans la panse et quelques échantillons de pegmatite
à muscovite dans la poche.

13 H 30 : Les affaires
reprennent, un peu plus au S de Langogne. Cette fois c'est un chaos
granitique qui nous attendait ; le granite en question est celui de la
Margeride, un célèbre batholite du Massif Central. C'est
un granite porphyroïde à biotite très riche en
potassium, appartenant à la série dite 'shoshonitique',
et typique de la fin de l'orogenèse hercynienne (- 320 Ma
environ) mais surtout éloigné de la zone de collision
proprement dite. En effet, au fur et à mesure qu'on
s'éloigne de la zone de subduction, la plaque plongeante (en
partie à l'origine des magmas donnant les granites des
chaînes de collision) s'enfonce plus profondément, et
donc le magma qui remonte s'enrichit davantage en potassium depuis
l'encaissant car son cheminement est plus long vers la surface.
16 H : Chagement de
décor, après une descente pleine de virages et de
prémices de vomissements divers et variés, nous voici
à Jaujac, paisible commune de l'Ardèche Cévenole.
Elle a la particularité d'être bâtie sur une
coulée basaltique très récente (30 000 ans
à peine !) au pied de laquelle une sypathique rivière, le
Lignon, a choisi de faire son lit. En effet, le contact entre la
coulée et l'encaissant (des migmatites) constituait une zone de
faiblesse que la rivière a judicieusement emprunté. Voici
pourquoi on la retrouve au pied de la coulée et que celle-ci,
autrefois au fond d'une vallée, constitue un petit plateau
où Jaujac a été bâti.

Plus loin on a pu admirer la coulée en coupe, dans toute sa
puissance (25 mètres environ) : une partie supérieure est
contituée de prismes désordonnées car refroidie
rapidement au contact de l'air. La partie inférieure s'est
refroidie plus lentement, notamment par le sol, d'où une
prismation bien régulière perpendiculaire au substrat,
donnant une vraie colonnade particulièrement jolie.

Enfin on est montés au sommet d'un piton rocheux tout proche
pour admirer l'étalement de la coulée, et surtout son
origine, un petit volcan égueulé très bien
conservé : la coupe de Jaujac. Son cône de scories est
encore très bien visible, normal, c'est un des plus jeunes de
France ! La coulée s'est étalée dans le petit
bassin houiller de Prades-Jaujac, formé au Stéphanien
tout comme celui de Saint-Etienne (comme ça on est pas
dépaysés !) lors de l'effondrement post-orogénique
de la jeune chaîne hercynienne.

17 H 45 : Petit arrêt à Aubenas, la grosse ville d'Ardèche méridionale, histoire d'admirer le panorama...
18 H 30 : Arrivée au
camping du Grillou à Rosières, environ 20 km plus au
sud-ouest. Nous voilà enfin rendus... En effet, Christalain,
Luculuc, JC et Skaro ont pu s'installer dans un joli petit bungalow et
déballer toutes leurs conséquentes affaires.

19 H 30 : Dîner
très sympa au resto du camping. Le patron a vite compris qu'il
n'avait pas intérêt à mécontenter vingt
géologues affamés armés de marteaux.
21 H : Et maintenant au boulot
!! Au programme, remettre en état toutes les données de
la journée, recopier au propre les notes du carnet de terrain,
schémas et cartes comprises, faire une échelle
chronologiques des évènements... Mais bien sûr,
soutenus par nos attentifs professeurs et par quelques bières
bien fraîches du meilleur effet... (Christalain a l'air attentif
mais c'est purement factice...)

Et ensuite au lit les enfants !!! Demain une dure journée granitique nous attend...